Au début il s’ agit de plaisir, de détente, de récompense, pour certains l’affaire va déraper et se muer en contrainte, voire en dépendance…

Nous sommes biologiquement inégaux face à la dépendance. Aussi, en stimulant notre système de la récompense et en apaisant temporairement nos tensions, ces comportements peuvent devenir une drogue. Nous devenons ainsi toxicomaniaques à une substance (nourriture, cigarette, alcool, etc.) ou à un geste (sexe, achat compulsif, jeu pathologique, arrachage de cheveux, sport).

Addiction : « Un processus dans lequel est réalisé un comportement qui peut avoir pour fonction de procurer du plaisir et de soulager un malaise intérieur, et qui se caractérise par l’échec répété de son contrôle et sa persistance en dépit des conséquences négatives » (Goodman, 1990). L’addiction désigne donc la dépendance d’une personne à une substance ou une activité dont il a contracté l’habitude par un usage plus ou moins répété. Le mythe qui correspond à l’addiction est le vampire. Le vampire arrive à vivre en essayant de combler son besoin de sang. Ce comportement sans répit lui permet de survire mais à un fort coût puisqu’il se retrouve seul dans la nuit noire loin de la compagnie des autres hommes. Le film «Entretien pour un vampire » exprime la souffrance et la solitude de celui qui est addicte. Il suffit de remplacer dans le film le mot sang par drogue ou par nourriture et vous obtiendrez le discours d’un toxicomane ou d’une boulimique.

La dépendance est le corrélât de toute addiction. Elle se traduit par un manque, une perte de contrôle qui emporte malgré le désir persistant ou les efforts infructueux pour maîtriser la relation. Le comportement maltraitant est parfois source d’une dépendance relationnelle même si elle n’engendre pas un syndrome de sevrage. Cette situation s’instaure lorsque l’on détourne le comportement alimentaire pour résoudre une souffrance. Ce comportement maltraitant est utilisé comme solution pour se protéger d’émotions dites négatives comme la tristesse, l’angoisse, le sentiment d’abandon , de faible estime de soi ou de vide.

Comme toute solution, cette attitude ne fonctionne qu’à court terme. En effet, la souffrance que nous n’acceptons pas réapparaît très vite. L’addiction et la dépendance psychologique se mettent en place. Nous nous retrouvons irrémédiablement attirés vers la nourriture pour nous remplir, nous punir, nous calmer, nous récompenser, etc.
Punition : je suis nulle, je suis grosse donc je mange, je bois ou je fume.
Récompense : je mange, je bois ou je fume parce que j’ai eu une bonne journée ! »

La relation émotionnelle traduit un lien de dépendance :
La Tête détourne des besoins pour solutionner une souffrance.

L’effet calmant de ces comportements est lié à trois facteurs :
– La stimulation de la bouche (cigarette, aliment, etc.) est une façon de retrouver cette succion enfantine qui nous berçait et tranquillisait ? C’est une forme de régression mentale ou de retour au stade oral pour les psychanalystes!
– La gestuelle a un effet relaxant. Comme pour les fumeurs qui sont plus dépendants au geste qu’à la nicotine, c’est la répétition de la préhension de la substance porté à la bouche qui calme.
-Le « remplissage » d’aliments, de liquide ou de fumée, procure une sensation de plénitude face à un sentiment de « vide » : on se sent seul, on consomme pour se remplir.

Le désir de maigrir fonctionne de la même façon. Certaines personnes pensent qu’en étant plus mince leur souffrance diminuerait. Si l’amaigrissement était la clé du bonheur, cela se saurait ! Nombreux sont ceux qui expérimentent l’insatisfaction de leur équilibre pondéral et succombent aux solutions restrictives, inefficaces, donc récurrentes et renforçant la souffrance.