Les troubles du sommeil sont très fréquents chez les enfants, le plus souvent transitoires ou fluctuants.

Citons les principaux:

-Refus de se coucher

-Appels et levés multiples du lit

-Pleurs, hurlements, parfois vomissements au coucher

-Réveils nocturnes fréquents avec difficultés de ré endormissement

– Cauchemars, Terreurs nocturnes, somnambulisme…

Ils épuisent les parents qui multiplient les théories et les tactiques pour faire dormir leur enfant, parfois en vain.

La crainte principale des parents est de laisser l’enfant pleurer dans son lit alors qu’il aurait « réellement » un problème, soit physique soit psychique.
Cette inquiétude parentale est légitime, et pour avoir l’esprit libre et se comporter de façon adapté et sereine, il convient d’éliminer ces 2 éventualités.

Tout d’abord, comme nous vous le rappelons sans cesse sur ce site, il faut consulter son médecin ou pédiatre systématiquement en cas de problème durable, afin qu’il examine l’enfant et écarte d’éventuelles pathologies organiques.

Par exemple, il est très fréquent que des troubles du sommeil des petits soient liées à des reflux gastro-oesophagiens favorisés par la position allongée, ou encore que les réveils soient liés à des troubles ORL type hypertrophie des végétations. La prise en charge médicale pourra alors totalement soulager l’enfant et lui rendre les nuits agréables.
C’est donc, comme souvent, le pédiatre qui va poser le diagnostic, et donc orienter ou non la famille vers une prise en charge psychologique et éducative.

« S’agit-il d’un caprice ou de mauvaises habitudes, ou d’angoisses profondes ? »

Cette deuxième inquiétude parentale, doit aussi être explorée pour adapter la prise en charge.
Vous pouvez certes directement consulter un psy, mais il existe des signes faciles à repérer qui peuvent vous mettre sur la piste.

Le symptôme est il isolé ou non ?

Un trouble du sommeil absolument isolé, c’est à dire coexistant avec un bon développement intellectuel, relationnel, affectif, et psychomoteur de l’enfant, dans un cadre familial classique sans crise ou tension particulière, évoque fortement un trouble sans gravité, une intolérance aux frustrations qu’imposent le coucher. Nous y reviendrons.

A l’inverse, un enfant (ou un nourrisson) qui rencontre d’autres difficultés associées : troubles alimentaires, troubles du comportement la journée, retard d’apprentissage ou de développement psychomoteur, oriente vers l’existence de processus anxieux débordants et nécessitant une prise en charge psychologique individuelle et familiale.

Le sommeil est rapidement perturbé chez l’être humain lorsqu’il est sous tension. Si cela dure plusieurs semaines, et que cela s’accompagne d’autres symptômes la journée, c’est que notre psychisme fait face à des angoisses débordantes.

Voici quelques réflexions et conseils pour les parents d’enfants qui n’aiment pas dormir !!

L’enfant crie au loup en permanence. Il ne connaît pas la nuance, et depuis bébé, il met tout son cœur pour lutter contre les frustrations !
Son arsenal est bien fourni et il n’hésite jamais à l’utiliser :
Hurlements durant des heures, pleurs, vomissements provoqués, fausses plaintes physiques, multiples aller-retour aux toilettes, trop froid, trop chaud, trop soif, pour les plus malins trop de peurs métaphysiques nocturnes…

Encore une fois s’il n’y a rien sur le plan physique et que le symptôme est isolé, la puissance de sa lutte contre l’endormissement ne témoigne pas d’une souffrance psychique !
Chassez les culpabilités maternelles excessives, et n’inventez pas d’angoisses abandonniques à votre enfant s’il n’a aucune raison d’en avoir !

Il ne sera pas traumatisé, ni inquiet d’être abandonné, si certains soirs vous décidez, après l’avoir prévenu de votre intention de le laisser pleurer jusqu’à ce qu’il se rendorme. Et je vous promets mesdames que votre bébé ou enfant continuera de vous aimer après ces nuits de « recadrage ».

Même le nourrisson qui n’a pas d’acquisition langagière comprend l’intention parentale en se fiant au ton de votre voix lorsque vous lui parlez, il connaît votre lien quotidien et indéfectible à lui, et donc il est dans une sécurité interne profonde qui ne sera pas mise en danger par une nuit de hurlement sans obtenir les bras des parents !

« Il ne faut jamais laisser pleurer un enfant » : C’est faux !
La frustration fait partie de la vie, et il doit apprendre progressivement à la tolérer. Comme d’habitude tout est une question de dosage.

« Laisse le pleurer ça lui fait la voix » : Encore faux !
En pratique lorsque vous décidez de laisser pleurer votre enfant jusqu’à ce qu’il accepte de s’endormir, il faut accompagner cela d’une verbalisation en amont, d’un rituel du coucher rassurant, et de passages réguliers mais espacés dans sa chambre pour lui répéter avec un ton calme et rassurant que vous êtes proche mais qu’il doit s’endormir seul comme un grand.

Les pédiatres ont une formule amusante à propos de ces classiques refus des petits de dormir ailleurs que dans les bras ou dans le lit des parents : « L’enfant finit par dormir dans son lit quand sa mère n’en peut vraiment plus ».
Ils ont raison : il faut très souvent attendre que l’épuisement maternelle soit si grand qu’il dépasse ses culpabilités et ses certitudes, pour enfin qu’elle suive les conseils « à l’ancienne » du pédiatre et des grands parents !

« Mais pourquoi ne veut il pas dormir si tout va bien ? »

Très bonne question, et je vous propose une réponse que j’espère très bonne !
Le petit qui grandit dans de bonnes conditions affectives et environnementales prend du plaisir toute la journée, notamment avec la mère ou la nounou qui s’occupe de lui.
Le soir et la nuit viennent donc à ses yeux interrompre cette vie de plaisir, l’obliger à se retrouver seul avec lui même, à s’ennuyer, à stopper les stimulations et à accepter de s’endormir seul !
L’enfant n’est jamais lassé de la chaleur maternelle, il en demandera toujours plus. A vous de mettre la limite que vous trouvez saine entre relation aimante et rassurante et addiction fusionnelle.
Si vous êtes collé à votre petit la journée (ou la nounou) et qu’il ne vit pas de moments dans son parc pour le petit ou dans sa chambre à jouer seul, à se retrouver avec lui même sans stimulations extérieures, il n’acceptera pas de vivre cela le soir et toute une nuit !

Je dis souvent aux parents que « le coucher et la nuit se jouent en réalité le jour », bien plus que dans une technique de coucher !
Plus vous autonomiser votre enfant, ou lui imposer des frustrations la journée lorsqu’elles sont justifiées au lieu de céder à tout par culpabilité ou pour « acheter la paix sociale », plus il sera armé pour s’endormir seul la nuit !

Notez que les petits que l’on endort dans nos bras, se réveillent fréquemment en hurlant, réclamant de nouveau de s’endormir bercer par un parent. Là encore, il est tout simplement habitué à une façon de s’endormir et la réclame naturellement à chaque micro-réveil.

Progressivement, il faut que l’enfant s’endorme seul dans son lit, c’est ainsi qu’il trouvera le moyen de se rendormir seul au cours des fréquents réveils nocturnes des petits.

COURAGE !!!